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Pour ma copine Lisa... Qui n'est pas concernée par la seconde partie du titre...

 

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Clea Duvall

 

Depuis trois ans j'attendais ça. La liberté, enfin!

 

J'ouvre la fenêtre ,et glisse sur les toits aveuglés de Bordeaux le courant brûlant d'Août et son flot de lumière. La ville où, bac en poche nous nous sommes installées n'est pas trop peuplée encore; le soir tombant est plein de torpeur estivale. Les gens sont encore à la plage, ou ailleurs qu'en ville, avides d'air pur.

 

Il faut dire que sur le pavé, flotte comme une odeur de sacs poubelles qui macèrent depuis le petit matin, ou de grands containers entassés dans l'arrière-cour des restaus mais peu importe!

Notre liberté est là, que nous attendions tant, et de l'autre côté de l'appart, la place du Parlement se pare de cuivre et d'ocres.

 

Notre nuit sera belle, si belle; comme l'était la précédente, comme le sera la prochaine, comme toutes les après-midis crapuleuses où le souffle d'étuve soulève à peine le voilage d'organdi blanc sur les volutes noires du balconnet en fer.

Son corps nu, son corps jeune s'alanguit sous les draps, ses hanches douces et parfaites comme des flancs de violoncelle, ses seins bien rond, bien fermes et dressés comme s'ils s'étaient éveillés avant elle, et cachée sous le drap infime, sous l'oeil cyclopéen du petit nombril qui respire, la profondeur de plaisirs toujours neufs, et pour parties inexplorée.

 

Combien de fois, depuis trois jours que nous avons déposé là nos cartons à peine défaits, ai-je enjambé les reins de Carolyn pour que viennent se blottir nos poitrines, l'une contre l'autre, pour que communiquent nos profondeurs et nos  bouches, pour que monte en nous peu à peu, au rythme de nos bassins, au rythme de nos caresses, l'influx orgasmique comme l'électricité.

 

220 volts d'abord, en pleine gorge, toujours à la lisière. Vous parler du reste serait peut-être en-dessous de la réalité. Nous avons l'art toutes deux de maintenir la tension à son comble, longtemps, longtemps... Et tant pis si nos coeurs lâchent...

 

Mais nous savons nous aimer, aussi. Avoir des moments brillants de romantisme.

Sur la Place du Parlement, nous avons dansé toutes deux la nuit dernière.

Ou plutôt était-ce le tout petit jour, alors que s'abattaient sur les pavés luisants des trombes inutiles d'orage, que la foudre du ciel nous éclairait comme en scène, et que cette violence céleste avait chassé tout le monde à l'intérieur, sauf nous...

 

Nous étions là, seins ruisselants sous nos chemises fines et trempées, à nous dévorer le visage et à danser la valse...

 

 

Tag(s) : #Carolyn's fingers

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