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- J’ai déjà brisé le lien que j’avais avec elle à ce moment-là, quand elle a joué Nora… Pourquoi est-ce que tu remues le couteau dans la plaie Thierry ? Bon , d’accord,  je  m’excuse, pour les vidéos, pour ta poitrine ; ça suffit pas ?
- Rien à voir, écoute-moi. Non, le lien tu ne l’as pas brisé dans cet hôtel du Touquet. Qui sait d’ailleurs ? Si les choses avaient eu lieu elle se serait sans doute blottie dans tes bras après, et aurait eu un autre regard sur le monde. Mais tu n’es pas allé au bout.
- Tu ne vas pas me le reprocher, quand même…
- Si. Tu l’as brisée parce que tu ne l’écoutais pas. Si tu l’avais fait tu aurais été obligée de l’écouter ; ne serait-ce que pour lui faire mal. Mais là, rien, tu as laissé une coquille vide ; et les créatures qu’elle idéalisait s’y sont engouffrées. Tu te souviens bien, quand même, que le soir où Vlad s’est suicidé, que vous étiez en boîte et qu’elle passait affolée de table en table pour vous dire qu’il fallait rentrer parce qu’elle pressentait la tragédie, ce sont des filles qui l’ont consolée et prise dans leurs bras ?
- Samia et Lucille. Je n’ai jamais supporté Lucille, c’est une fille qui ne mouille que quand elle te fait culpabiliser.
- Charlotte est sortie avec, quand tu t’es enfui avec Lew en Espagne.
- Je le sais bien.
- Vous m’aviez laissé tout seul aussi. Je les ai emmenées toutes deux à Lagrasse.
- Il me semblait bien que ce lieu n’était pas rien qu’à nous.
- S’il n’y avait que le lieu…La robe noire et violette aussi, je l’ai volée à Lucille, quand elle a laissé tomber Charlotte.
- Notre robe ? C’est une robe de Lucille ?
- Et ce n’est pas tout. Quand je l’enfile pour la première fois, tout fier de ce larcin vengeur ; il y a Charlotte qui sanglote sur le lit à côté. Elle n’a plus rien. Elle est dans un de ces instants où le déchaînement des larmes, la brûlure des paupières ; les palpitations de la gorge sont les seules sensations qui te rattachent à la vie. Cette robe, je l’ai déjà essayée. Pour Charlotte. Quand elle et Lucille jouaient dans la rivière. Elle me va mieux qu’à Lucille. Parce que j’ai maigri et que mon corps gagne peu à peu sa singularité ; faite pour apaiser Charlotte.
- Continue, Thierry.

- Elle me voit dans la robe de Lucille, maquillé. Le ruban violet du corset est délacé dans mon dos, le décolleté froncé me tombe de l’épaule. Charlotte est sous moi, elle ne dit rien, elle me presse. Une force nouvelle prend possession de moi, et ce n’est pas Démone, non, parce qu’elle est très aiguë et que je sais parfaitement où je vais.

Tag(s) : #Ma barricade

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