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Je vous écris en Comic car c'est devenu une manie pro... La police est (plus) lisible pour ceux qui souffrent de troubles d'apprentissage tels que ...

 

Je tâche de bosser, dans tous les sens, mais c'est dur... A l'approche des vacances de Toussaint je n'ai l'impression d'avancer sur rien ! Même pas le pep's pour vous livrer quelques ancedotes mais pour ne pas laisser le vide sous les projos de Lemodrop's Lights voilà un petit bout de chantier. "Ma barricade" où je reprends un personnage en transformation perpétuelle. J'ai (plein) quelques idées mais c'est prise de tête à mettre en forme...

 

 

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J’ai connu assez tôt son passé de môme abusé ; en retour il a compati au fardeau de ma dyslexie. Enfin, compatir n’est pas le mot juste. J’ai eu par moments  l’impression qu’il nous chargeait tous deux (moi et Dyslexie) sur ses épaules et qu’il embrassait le monde en nous portant sur ses hauteurs.


« Mais qu’est-ce que ça fait, au juste, Thierry ? J’en ai croisé des brouettes de dys, à Londres,  l’anglais est un cauchemar pour eux. Mais j’en avais rien à foutre car je les aimais pas. Dis-moi.
- Ça fait tout. En tout cas, ici dans ces murs. Quand j’y mets les pieds, l’air d’une école est un tourbillon qui brouille mon œil intérieur. La salle de classe est un bateau qui roule bord sur bord en renversant inlassablement mes perceptions. Les lettres au tableau enflent, puis se rétractent, et mettent les pieds au mur d’un décor qui se creuse, se disloque, comme s’il était fait de ces cubes en mousse colorés qu’on voyait glisser les uns sous les autres, et dégringoler dans les films d’animations kitsch, quand on était môme.
- L’imaginaire dys aurait donc un côté psychédélique ? a-t-il fait d’un air gourmand.
- C’est pas vraiment drôle, Lew, si tu veux savoir. Psychédélique sans doute, envahissant à coup sûr. Je préfèrerais que les choses restent naturellement à leur place.
- Mais jamais les choses ne restent naturellement à leur place, Sugar. Si Dyslexie ne s’occupe pas de les distordre, tu crois pas que la vie regorge de pleins d’autres bitches qui vont s’en charger ?
- Illusion, Jalousie, Douleur … Pour ne citer qu’Elles !
- Défonce, Délinquance, Extase ; si tu veux bien les inviter aussi … »


A ce moment, ma prof traverse la cour. Celle de Lew aussi, pour les quelques cours de textes théâtraux imposés aux danseurs. Elle est sans âge, avec son tailleur et ses stilettos qui lui chahutent les mollets.


«  J’aimerais être Elle …
- La mère Froissart ? Ce chignon-ménopause ?
- La rectitude des Lettres Classiques.
-Tu m’ennuierais, à te transformer en cette vieille pute … »


Passant à notre hauteur, elle nous salue, ironique.

« Monsieur Lequesne, Mister Dray …
- M’dâme Froissaaar… » lui renvoie Lew avec une onctuosité confinant à l’insolence.

Moi je la regarde juste, espérant capter un peu de la rigueur qui fait cet être imperturbable et brillant. Malheureux peut-être…


En seconde, elle avait commencé par nous faire composer sur les correspondances poétiques, en une heure sur table. Démone Dyslexie m’avait aussitôt voilé la face et happé dans ses méandres. Aux dix lignes entrechoquées que j’avais produites alors, Madame Froissart avait attribué une note consternante et le seul commentaire « Savez-vous écrire le français ? »

Tag(s) : #Ma barricade

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