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Il y avait une lumière, et une musiques diffuses qui s’échappaient de sa fenêtre ouverte ; je me suis senti sourire, très nettement, en l’entendant, cristalline, étouffée, bien gardée par son écran de buée et de végétation. Cet écran même, avec sa densité de verre dépoli, saurait-il résister à un regard affamé comme le mien ?

 

Dire qu'à peine une demi-heure auparavant, je guettais une chevelure triste, teinte et reteinte derrière une fenêtre sale de cuisine, comme signe d'un passé auquel j'avais appartenu… Là, je distinguais une robe blanche qui passait et repassait en mouvements larges dans l'encadrure de ses larges volets. Il était pas loin de deux heures du matin, et River dansait dans sa chambre !

 

C'était miraculeux. A quelques mètres de moi, elle tournoyait et je pouvais presque appréhender ses mouvements, et son souffle. Mes yeux ardents perçaient le voile, et lui volaient  chaque balancement, chaque cambrure. Toute sa grâce n'était offerte qu'à  la nuit, et à moi !

 

Je percevais tout d'elle, à travers la distance scintillante, tout, jusqu'au creux de ses aisselles fines , ombre bleutée sous le tulle clair et le dôme lumineux de sa poitrine en extension.  Et je n'y tenais plus, c'était trop pour moi après tant de privation. Rien que de deviner son corps, que j'avais déjà eu collé au mien et trempé par l'eau du fleuve faisait rejaillir en moi une lave irrépressible. Celle-là même que je m'étais forcé à contenir si longtemps dans le fond du ventre.

 

En se penchant à sa fenêtre, elle pourrait me voir ; si elle s’arrêtait un instant. Juste un instant, suspendre l’envol de ses bras et figer un peu ses hanches dans la chute vertigineuse de sa robe longue, tendre le cou ; regarder au-dehors.

J’applaudirai à tout rompre dans mon parterre ténébreux, et tout d’abord elle croira à la galopade d’un chat sur le mur extérieur, ou au début de la pluie…

 

Tag(s) : #Un orage de goudron

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