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Où est-ce que je suis ? Où est-ce que je suis ? Boyd.jpg

Mais dans ton placard !

A tenter d’arrêter une avalanche de balles de tennis, avec le coude. Le dos scié par l’arête de ton skate !

 

Je veux bien tout supporter,  mais arrête ça ! C’est trop cruel. C’est trop bon.

D’ailleurs, est-ce à moi que ta question s’adresse ?

Est-ce que « tu », c’est moi ?

 

Alors, de trois choses l’une, chéri, avant que tu jaillisses et que moi je défaille (ça fait très « marquise », pas vrai ?) :

 

- « Tu », c’est ton « attitré » qui m’horripile. Dans ce cas, tu peux tout envoyer.

Autant jeter la confiture par les fenêtres plutôt que de la donner à des cochons. (Ah bon ? C’est pas comme ça qu’on dit ?)

-« Tu » c’est Elle. Et Elle est nulle part parce que j’ai lancé sur elle un « Avada Kedavra » qui va la foudroyer à distance.

Je suis un étrange composé de Bellatrix Lestrange et de Bill Weasley (pour la couleur des cheveux)

-« Tu », c’est moi.  Je suis DANS TON PLACARD. ARRETE CA OU FAIS-EN  MOI PROFITER, EGOISTE !

 

Ben non. Rien du tout. C’est son portable qui sonne. Bien obligé de s’arrêter,il a le torse ruisselant, l’œil fou.

J’ai trop envie de lui.

 

Au téléphone il balbutie. Cette voix… Je la reconnaîtrais entre mille ! Et toujours la même chaleur qui se répand dans ma gorge, et qui la noue…

« Oui, oui, bien sûr je vous rejoins ! Dans une petite heure, ça ira ? Le temps de prendre une douche. »

 

Qui que ce soit, je les hais à mort.

Non, en fait, je suis l’improbable croisement entre Lord Voldemort et Lucius Malefoy. Ca va être le massacre !

Il se fige, encore raide (oui, elle est mauvaise). Il renifle dans sa main, sous ses mèches chocolat toutes trempées. Il a les paupières gonflées, rougies. Et pour couronner le tout, sa belle-mère l’apostrophe d’en bas.

 

«  Tu as l’intention de descendre manger, un jour ?

- Non Annabeeeelle ! fait-il en contrefaisant sa voix, je sooors ! »

Une porte claque. J’aimerais bien rire. Lui soupire à nouveau, rageusement.

«  je vais tous les tuer ! » profère-t-il entre ses dents.

Et pour mon plus grand malheur, il va sans doute aller se finir sous la douche.

Moi, j’ai tellement chaud que je torturerais pour une douche…

 

J’ai l’impression d’être une grosse motte de beurre qui fond et dégouline. Mais sans débander, ce qui est assez peu fréquent pour une motte de beurre…

 

L’eau coule, puis une bourrasque de parfum frais, délicieux mélange de bergamote et d’écorces l’annonce à nouveau.

 Il sort, il s’habille. Sobre et sexy en diable.

Un tee-shirt noir tout neuf qu’il sort de sa poche Ralph Lauren (tu t’emmerdes pas…).

Le jean doit être un diesel, pourri, qui met terriblement en valeur. De toutes façons tout lui va. Il a des jambes sans fin et tellement d’allure que c’est sa silhouette qui modèle ses vêtements, et pas l’inverse.

 

«  Mes lunettes… Elles sont en bas… »

Il dévale l’escalier. J’ai du mal à y croire. Il n’a rien remarqué. Au fond, c’est frustrant.

Mais il faut que je sorte d’ici, maintenant. J’attends que la porte d’entrée se referme et je lance mon signal à Sol. Quatre sonneries.

Cinq minutes plus tard, j’ai la réponse. Quatre vibrations dans ma poche.

Sol est dans la rue, derrière le mur, à côté de l’arbre. Il faut descendre.

 

A pas de loup, j’atteins le premier étage. Ses parents sont au rez-de-chaussée dans le salon. Tant mieux. Les alarmes du bas sont ainsi désactivées.

Voilà, je pose les pieds sur les tommettes du sol. La porte du salon est ouverte, mais les plaintes alanguies qui en sortent me disent qu’ils n’ont pas tardé à profiter de son départ. Et ça m’arrange. Parce que leur coït, je m’en tape, ça n’attise pas du tout ma curiosité, je peux maintenant sortir par la porte du côté.

 

Doucement toujours. Je me tapis dans l’ombre de l’arbre et je relance mon signal. Quelques instants plus tard, une longue ceinture de cuir passe par-dessus le mur. Ni une, ni deux je l’attrape, grimpe, jette un œil, enjambe le mur ( ils ont eu le bon goût de ne pas le garnir de piques) et tombe dans les bras de Sol qui s’écroule à la renverse.

« T’es en nage, me fait-elle. Tu pues ! Alors, portechambre.jpgalors ? »

 

Je la regarde en souriant, décidé à faire traîner mon récit. A côté de Son placard , la rue semble pleine de fraîcheur. Et la nuit pleine de songes prometteurs.

C’était trop beau, presque trop facile.

Et soudain, je me prends pour le maître incontesté du jeu…

 

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