Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Massage_Parlor.jpg

 

- Tu veux pas aller te rafraîchir ? Les occasions sont comptées, maintenant…
- Justement, c’est ça qui me prend la tête. Vous avez tous des trucs à faire ; mais moi ,qu’est-ce qui va m’occuper l’esprit ?
- Mais River, mon vieux ! Ca n’est pas une occupation suffisante ?
- Je te parle pas de ça… Et puis qu’est-ce qu’elle ferait avec un mec qui branle rien de ses journées ? On a bien pensé louer un appart sur P*** mais là-bas aussi je crois que je suis cramé… Je comprends que ça soit important pour elle, ses études mais elle ; elle comprend pas que j’ai vraiment besoin d’aller loin, où personne me connaît. Les Beaux-Arts, elle peut bien les faire où elle veut ; non ?
- Elle se fait sans doute du souci pour son père…
- C’est pas lui qui nous retiendra à toute force, Al ; et moi si je me fais du souci pour ma mère ; ça compte pas ? Et puis je veux pas refoutre un doigt de pied à Saint-Barge, rien que cette pensée ça me donne la chiasse. Non, ça les filles elles veulent pas le capter. Ta sœur, elle prend sur elle pour pas m’engueuler parce que je suis toujours aussi négatif que quand elle essayait de me faire jouer. Mais j’ai compris que pendant qu’elles avançaient dans leur voie, moi j’ai fait plein de conneries et j’ai pas évolué, pas la peine de me le rappeler tout le temps ! Je voudrais juste savoir quoi faire pour me reprendre en main et plus avoir honte de ce que je suis… Mais dès que j’ouvre la gueule elles me font comprendre que je suis complètement à côté de la plaque.
- Tu te fais des idées, Jeff. L’une et l’autre te kiffent énormément.
- Ouais, mais moi je suis pas habitué, là. Et ça m’étouffe.
- Mais ça va encore avec River ? Rassure-moi…
- Je veux lui montrer que je suis capable de faire des trucs pour elle. Et que j’ai pas besoin de sa pitié pour m’en sortir.
- Dans ce cas, viens avec moi.
- Dans l’eau ? s’est-il marré.
- Ouais, et à Paris ensuite. Je suis embauché comme preneur de son sur un tournage, mais ils ont également plein de grandes structures à monter en studio pour les décors. Tu peux te faire engager comme manœuvre, et apprendre plein de petits boulots sur le tas… En plus, on a mon camion pour crécher, on est parfaitement libres. Qu’est-ce que t’en dis ? Ça te meublera la tête, comme job.
- Nous deux en camion pour mener la vie de bohème… Mais c’était notre rêve, ça !
- On aura pris du temps et fait quelques détours, n’empêche, tout arrive ! »

 

Du moment qu’il a montré de l’intérêt pour ma proposition, Jeff s’est fait un devoir de me suivre. Mais son enthousiasme connaissait des hauts et des bas ; je le sentais réellement « dépressif » tout en sachant que dans sa logique ce terme-là n’existait pas ; il y avait un dégoût de la vie permanent avec lequel il fallait cohabiter et pour lequel on trouvait de temps en temps des exutoires. Mais il était pas question d’aller se répandre en psychothérapies ou autres « conneries de ce genre » .

 

L’idée d’assister à un tournage et d’y apprendre à bricoler le motivait, mais il a bien fallu que je lui parle du film en lui-même et là c’était franchement plus problématique. Parce que Midnight Parlor ; des réalisateurs Barney de Saxe et Giulia Camoretti , était l’histoire de Lennon, un braqueur qui, injustement condamné pour le meurtre d’une fille se retrouvait dans une taule française moyenâgeuse et petit à petit semblait avec les autres détenus communiquer avec les esprits de criminels antérieurs qui avaient séjourné là puis de victimes à qui les peines n’avaient pas rendu justice.

Tag(s) : #Midnight Parlor

Partager cet article

Repost 0