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solitudeTout en travaillant assez mollement il faut bien le dire, je continue grâce à Christophe mes flâneries sur la blogosphère. Hier, l'un de ses liens Stephan faisait un bel éloge de la nuit et nous disait combien il aime veiller car il a ainsi l'impression de conquérir des heures de vie rien qu'à lui, de contemplation, de réflexion et d'intimité paisible

.

Cela dit, j'imagine qu'à Paris, il n'est pas une seconde, même au plus désert de la nuit, où l'on puisse se dire seul en éveil et même seul en contemplation, à l'écoute des rumeurs alanguies de la ville. Mais c'est sans doute le sentiment parfois régénérant, parfois douloureux de solitude qui nous donne l'impression que ces moments n'appartiennent qu'à nous. On les garde jalousement, même s'ils servent à ressasser notre tristesse; l'obscurité y met comme un baume et l'on peut se mettre à aimer la douceur de cette mélancolie.


Ah, écouter une musique profonde dans le noir avec les seules lumières de la ville entrant dans l'appartement, allongé(e) seul(e) par terre , peut-être, à observer les jeux d'ombres et d'éclairages projetés par l'extérieur au plafond! Mais pas n'importe quelle musique...


J'étais une petite teenager lorsque ma grande soeur m'a fait découvrir une de ces musiques, un magnifique texte de Kurt Weill que j'ai connu interprété par Abbey Lincoln. Un texte qui m'a tôt marquée parce que d'abord il est facile à comprendre (pas négligeable) et puis parce que Lonely house me semble être la chanson qui exprime le plus douleur et  volupté dans la solitude nocturne.


D'abord, ce sont les sons épars que l'on recueille et qui s'espacent pour laisser place au sentiment de la solitude


At night, when everything is quiet
This old house seems to breathe a sigh
Sometimes I hear a neighbor snoring
Sometimes I hear a baby cry
Sometimes I hear a staircase creaking
Sometimes a distant telephone
And then the quiet settles down again
The house and I are all alone.


Abbey Lincoln chantait le refrain de manière très plaintive, et Betty Carter plus "gémissante" encore ;


Lonely house, lonely me
Funny, with so many neighbors
How lonely it can be
Oh, Lonely street, lonely town
Funny, you can be so lonely
With all these folks around


C'est vrai qu'il ya dans le texte conscience d'une solitude absolue, la voix nous dit même que les moineaux et les chiens errants ne semblent pas si seuls:

I guess there must be something
I don't comprehend
Sparrows have companions
Even stray dogs find a friend


Mais on peut aussi penser que c'est l'étonnement qui domine; et même, le mot "funny" pour marquer cette surprise n'est peut-être pas si désespéré. C'est un peu, apparemment, l'esprit dans lequel le néerlandais Wouter Hamel interprète la chanson; à plusieurs reprises, vous le verrez même sourire, dans les paroles poignantes et donner presque de la légèreté et du plaisir à l'expression de la solitude absolue; really funny !

Comme quoi on peut vraiment savourer le vague à l'âme...

 

 

Tag(s) : #On chante

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