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Or il advint ce jour-là (je vous la fais début de récit classique et bien dramatisé) qu'Ewald et Noëlle-Sophie se croisèrent dans mon escalier. 

L'un , tout de frais vêtu, la chevelure flottante autour de son visage radieux, montait vers moi plein d'élan et de désirs (mais si, il ne s'agit pas là d'interprétation rétrospective)... L'autre (il est dommage qu'ici le féminin n'apparaisse pas vraiment!) dévalait les marches légèrement vêtue pour une fin de Janvier, toujours appétissante; mais avec le rouge de la colère aux joues et un soupçon de larmes sous ses yeux charbonneux.

 

En d'autres temps, Noëlle se serait attardée davantage, surtout happée par le sourire ravissant qu'il lui fit alors, et ces quelques mots qu'il lui glissa et que je ne pus entendre ("Renan est-il là?", j'en suis sûr! Ca m'étonnerait qu'il l'eût complimentée sur ses bottes, ou ça m'énerverait plutôt, après tout il ne la connaissait pas!)

 

Il faut dire que juste à cet instant , précisément quand arriva celui qui fait ma vie et mon bonheur (oui, oui c'est bien Renan qui écrit, inutile de regarder partout autour!), Noëlle rejoignait Melvin dans la rue pour une explication de gravure musclée. Pourquoi diable le beau diable avait-il sonné juste là à la porte? Pas question en tout cas de le faire monter et d'introduire à nouveau ce triste sire dans mon chez-moi, surtout quand Ewald enfin s'y trouvait ! Je n'avais plus envie d'entendre, ni les spasmes du plaisir, ni ceux des sanglots au-dessus de ma tête, j'avais déjà largement donné,  connaissant mon odieux caractère d'égoïste!

 

Alors qu'elle aille promptement, vertement et verbalement liquider l'affaire, remonter pleurer un coup et éventuellement  en boire un avec nous, ( mais une fois que j'aurais consciencieusement abusé du corps délicat d'Ewald.).

 

C'est malheureux, mais je crois bien qu'il y a beaucoup de gênes concierge en moi, comment expliquer sinon qu'avec un Ewald dans mon appartement, à quelques centimètres de moi, je trouvai alors plus intéressant de yeuter derrière les rideaux ce qui se tramait sur le trottoir d'en face?Le tourment que je m'inflige avec cette question de faux cul est purement rhétorique. J'eus tôt fait de constater  que lui-même était extrêmement intéressé, venant aussitôt s'appuyer contre mon flanc et avoir ainsi une vue imprenable sur la curieuse scène de vaudeville que nous jouait feu le couple hétéro du mois.

 

Aïe, Noëlle était blême et virulente, du moins ce que j'en voyais, car je le voyais surtout lui. Et apparemment, vu les gesticulations de la belle, elle lui en tassait plein la gueule , au motard musculeux, c'était étonnamment jouissif. Car il partageait bien sa pâleur, et celle-ci se répandait en nappes sucessives sur son visage, les yeux ronds comme des billes et ouverts à outrance; et ces fameuses ombres violentes qui y passaient par instants. Je pensais bien "Vas-y Noëlle, fous -z-y la misère !" et en même temps redoutais de devoir aller jouer les chevaliers sauveurs s'il lui prenait l'envie de brutaliser celle qui lui servait copieusement son juste lot!

 

Ramène pas ta fraise raminagross’bit’

 

Non! C'est lui , c'est lui qui s'est permis???? rhôôôô; Ewald! Eh bien en voilà une référence! Si c'est pour chanter des incongruités pareilles, inutile de recouvrer ta voix!

Ramina quoi? Qu’est-ce que vous dites?

 

Je ne sais plus à partir de ce moment, ce qu'ils se dirent... Ewald et moi avions tellement ri de cette citation qui me paraissait une si énorme saillie sortie de sa bouche, que nous étions tous deux tombés à la renverse sur le tapis. Et vous vous en doutez, le Renan chauffé à blanc par une nuit plus une matinée de fantasmes et d'attente aurait bien du mal à se relever d'une telle chute, tout emmêlées qu'étaient ses jambes dans les jambes d'Ewald...

Tag(s) : #Renan et Ewald

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