Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

dueltruck02.jpg

 

Alex regagne la voiture en pestant, tandis qu’Elle reprend sa danse chaloupée en se dirigeant vers le milieu de la route ; claque la portière et ferme les yeux

 

« Complètement barge… » soupire-t-il en lui-même. «  Ce sera bien beau si elle arrive à l’attirer ! » L’intenable canicule bourdonne partout en lui et brasse violemment son estomac endolori. La campagne abandonnée résonne  de souffrance, tout semble en colère contre le soleil implacable. Elle ne revient pas, bon sang…


Alors il risque le regard à travers la vitre maculée de moucherons morts et se redresse vivement. Elle est allongée sur la route avec le chaton auprès d’elle et le caresse en lui parlant dans ce qui semblait être de l’espagnol !

«  Elle est folle ! s’écrie-t-il, elle va se griller la peau du ventre ! » Et aussitôt, il sort , bien décidé à la ramener par la peau du cou, après une bonne paire de gifles thérapeutique.

Mais le tableau de cette petite fille qu’il connaît depuis longtemps, et du fragile animal confiant blotti contre elle le touche malgré lui, il s’attarde à les regarder et se surprend à sourire.


« Pourquoi pas, après tout, pourquoi pas ? » Il ne faut pas les effrayer, il peut bien attendre encore un peu… Déjà le malaise de son corps se dissipe, il se sent plus bienveillant ; après avoir embarqué le chaton, ils pourront peut-être envisager de se reposer dans un endroit plus frais, et remettre le Maroc au surlendemain.

 

Mais comme Alex caresse cette idée en lui-même, il a soudain la sensation qu’à chaque bout de la route s’élèvient des vibrations furibondes, avec de grands coups réguliers contre l’asphalte. Et tout de suite après, montent aux deux horizons d’énormes tourbillons de poussière.

«  Revenez ! » crie-t-il, mais le bruit grandissant couvre le son de sa voix, et ils ne bougent pas d’un pouce, paralysés de tendresse, inconscients.

 

A chaque bout du paysage, deux grands monstres motorisés surgissent, au moins des trente-cinq tonnes roulant à toute allure, avec des pare-chocs démesurés, tout couverts de poussière brune comme s’ils sortaient de sables mouvants.


«  Revenez au bord, merde ! Vous allez vous faire tuer ! » De chaque côté… Pas de salut possible.

Et ils restent tous deux serrés ensemble, comme épris de félicité. Ttandis que les moteurs carnassiers poussent leurs hennissements féroces , que les grandes  roues blanchies sont près d’effleurer ses hanches …

 

Tag(s) : #coming-out

Partager cet article

Repost 0