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Les brochures de la clinique traînent encore sur le pouf. Il faut que je les planque avant que Thierry ne revienne ; que j’appelle. D’abord, une douche, vite. J’aime pas la prendre sur les lieux, d’abord j’ai l’impression de ne pas me laver vraiment et puis en plus quand le job est fini c’est comme si une forme de pudeur primitive me reprenait, pour les gestes du quotidien. Je préfère encore redescendre dans le métro avec des restes de sperme séché sur le ventre, même si je suis pas tout à fait sûr que ce soit uniquement le mien.


L’eau tombe, brûlante d’abord, comme un ciel de lit en perles avec son dais de fumée. J’imagine qu’il faut plusieurs séances. Et des réactions sont à prévoir, l’épiderme de Thierry est si sensible. Cela dit, il n’aime pas trop se mettre en maillot, c’est curieux. Il s’est soumis à un amaigrissement drastique, sans avoir le culte du corps mâle et athlétique (comme Lew. Ou comme moi.) Il veut être fin et doux. C’est tout. C’est énorme. Merde, ça me reprend ; moi qui pensais être tranquille pour trois bonnes heures au moins.


Il va vouloir partir cet été, obligé. Moi je vais enchaîner les stages. Rester parisien dans la touffeur et la pollution. Ce n’est pas grave. J’aimerais bien qu’il prenne la liberté de partir, à Lagrasse avec Charlotte s’il le veut. Putain, est-ce que je l’empêche d’être avec Charlotte ou de parler avec elle ? Il s’améliore sur ce plan. Il ne se dissimule plus pour lui envoyer des mails. Il a de la chance.


J’aimerais bien savoir pourquoi c’est si difficile pour moi, les rapports humains. Pourquoi je finis toujours par m’embrouiller avec tout le monde. Pourquoi l’affection simple et naturelle est un truc qui me coule entre les doigts. Je dois être beaucoup trop conventionnel, c’est ça. Je ne sais pas bien ouvrir mon esprit. La jalousie m’empoisonne en permanence. J’étais taillé pour camper un Othello, mais mon étroitesse de vue me cantonne dans la peau nauséabonde de Iago. Et eux, ils filent droit devant, sans se retourner sur moi.

Tag(s) : #Ma barricade

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