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Je viens à bout de deux interminables semaines et le retrouve un samedi soir,  couché dans notre lit, sur le côté. Il sait que je suis là, mais ne bouge pas. Je viens me coller derrière lui, et je le sens frémir. Une jambe jetée sur son flanc je m’applique à lui faire sentir que je ne tenais plus. Il rit. Je me développe. Sans parler, on se racontera tout après. Il se cambre, et voulant le retenir, j’attrape son torse étroit à pleines mains ; déjà un peu ivre. Je veux toucher ses beaux mamelons cuivrés qui se dressent. Ces concentrés de bonheur qui affleurent toujours, ronds et mûrs, à la surface de son excitation. J'ai encore la tête pleine d’images féminines, d’éclosions jumelles sur les battements de cœur et sous les mains, deux petites billes frémissantes et dures qui roulent, deux rondeurs moelleuses dans lesquelles les doigts s’enfoncent. Ça y est, je suis tendu à craquer. C’est exactement la même chose là ; la même chose.


«  Je savais qu’ils te plairaient » soupire-t-il avec délice. Soudain, je ne comprends plus. Il se retourne.

Il a des seins, deux petits seins parfaitement sphériques et juste deux infimes cicatrices à peine rouges en-dessous.


« C’est bien fait, n’est-ce pas ? » Je ne sais pas. Je ne sais pas, Thierry, si c’est « bien fait » ; et pas du tout du tout si ça me plaît, comme tu le prétends.

« Tu ne dis rien…
- Mais Thierry, tu n’étais pas chez tes parents ?
- Oh non, il faut que je te l’avoue. Je suis retourné dans ta clinique, celle de l’épilation intégrale. Et j’ai passé le reste du temps chez Alexandrine, pour soigner mes cicatrices… »


Contiens-toi Alex, s’il te plaît contiens-toi. Cette augmentation mammaire imprévue me fait déjà un effet très mitigé ; mais imaginer en plus qu’Alexandrine a été complice de l’affaire ; ça me porte un putain de coup... Je croyais être maître du jeu, après  lui avoir poussé une fille entre les bras avec une facilité désarmante, je croyais en faire désormais ce que je voudrais, d’elle, de ses désirs, de sa vie… Je la prends presque huit mois en filature, et qu’est-ce que j’obtiens ?
Elle reçoit Thierry à peine deux semaines et  me le rend dissimulateur, maniéré, et avec des seins… Je vais pas m’en remettre. 


Qu’est-ce qui m’ulcère le plus dans tout ça ? L’impression soudaine, cauchemardesque, d’être couché aux côtés d’un Thierry dénaturé ; ou le sentiment de m’être fait avoir, sur tout, encore une fois, et depuis le début…

Tag(s) : #Ma barricade

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