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Sixtine's candle burns in my mind
Avec un fiston adepte du cross-dressing , en partance pour la capitale germaine de la débauche; plus une drôlière clepto-mytho emplumée et un rien caractérielle mon paternel frisait quotidiennement la surchauffe. Puis la rentrée est venue...

Et le temps pour mes parents de prendre un peu de large avec leurs exténuants rejetons. J'eus une surprise de taille en me voyant inscrite en seconde à la Rochelle, et je hurlais de joie. Adieu Royan, les regards en coin, la notoriété gluante des parents profs, les trous à ciel ouvert où Depeche ne voulait même pas se produire...

Rêveuse d'univers urbains et underground, je ne touchais pas là à uneMetropolis mais c'était déjà un pas. Un tout petit pas, alors, car à quinze ans je pouvais oublier la piaule en ville. Cela dit, maman avait voulu m'épargner l'internat. L'haleine fétide des dortoirs ne lui laissait pas un souvenir impérissable, et une des ses amies, quadra single mother artiste avait accepté de m'héberger.

Une femme géniale, seulement elle avait une fille. D'un an plus jeune que moi mais au même niveau scolaire. Une blondinette en apparence gnangnan et douée; une tronche de première de la classe qui voulait à toute force être gentille avec moi (a-t-on idée aussi?) Le premier contact avec Sixtine, cette soeur de circonstance fut plutôt frais; cependant j'oubliais bien vite ma propre avidité pour les bonnes notes, et ce niveau en allemand qui m'avait ouvert les portes d'une seconde bilingue dans un lycée de centre ville.

J'y entrais avec toute ma panoplie, une guitare électro accoustique chinée par Colin dont je jouais déjà depuis deux ans et sur cassette toute la collection de vinyls enregistrés. Attiffée selon mon humeur, cinglante, bonne élève et un peu musicienne, je fis assez rapidement mon trou dans un bahut où l'originalité pensée était (enfin!) un gage de popularité.

Sixtine était impressionnée, je la laissais souvent sur le côté mais jouissais de ce prestige nouveau avec la curieuse impression de marcher dans les grolles de mon frère (oui, je sais, encore un anachronisme!!!)

A la maison, j'étais charmante avec sa mère (que j'aurais voulue pour moi) , grattant quelques accords de 13th floor elevator appris à la hâte pour fayoter ... Pendant ce temps, Sixtine jouait en virtuose sur le Choiseul familial, avec bien plus de délicatesse c'est vrai; mais sans la sauvagerie rock dont sa maman avait la nostalgie. Elle goûtait assez peu les musiques électros; alors que Sixtine ne demandait qu'à s'y plonger.

Mais pourquoi avait -elle toujours cet air déroutant d'excellence, et d'éternelle pureté?

Sixtine était de ces personnes dont la curiosité, la patience et la gentillesse viennent forcément à bout de votre mauvaise grâce. Son intérêt forcené pour mes lubies eut raison de moi; et puis j'allais la convertir...

Elle venait dans ma chambre, comme je me hasardais encore quelques mois plus tôt dans celle de Colin. Et demandait à son tour l'initiation aux arpèges synthétiques sacrés. Là encore, elle fut excellente, en quelques semaines incollable sur les titres, les albums, les textes de Depeche. Leurs influences et leur technique aussi; elle voulait percer le secret de leur son. Mais j'étais parfaitement ignare en matière de Fairlight ou d'Emulator, et bien en peine pour lui apporter des réponses...

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