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Juillet 88: Brand new bridge

Au téléphone, Sixtine pouffait:

" T'imagines pas comment les gens sont barges avec ça! Jocko m'a dit que certains prennent et reprennent le bus de ville rien que pour le traverser dans les deux sens et puis ils rentrent chez eux sans même faire une trempette...

- Je sais, ça doit être très sympa comme événement; mais ça nous fait un peu loin de Pontaillac, pour juste une baignade. Et puis tu sais, je pense pas que Colin ait trop la tête à m'emmener sur Ré en ce moment...

- Justement, ça lui changerait les idées... Et puis n'oublie pas que David et Jocko ont grosso modo son âge; allez, ça va vous faire du bien à tous les deux; maman vous hébergera à LR si ça fait trop tard..."

Tandis que je dodelinais de la tête, Colin vint à ma hauteur, il sortait juste de sa douche, la serviette enroulée sur les reins. Amaigri, et l'oeil plus vif encore que deux ans auparavant. Il avait rompu avec Pia en Avril. Je crois que désormais, il n'opposerait plus de frein à sa véritable nature. J'étais heureuse pour lui, et pour moi!

Dans ces conditions, être relancée par Sixtine avec la perspective de revoir Jocko gênait un peu ma tranquillité et le plan que je m'étais fait de profiter un peu seule d'un grand frère enfin disponible...

Seulement voilà, après plus d'une décennie de débat houleux, une enquête d'utilité publique à couteaux tirés, 23 mois de construction experte, un tablier de près de 3 kilomètres de long était jeté entre La Repentie et la pointe de Sablanceaux sur l'île, mettant fin à la circulation des bacs Entre La Rochelle et Rivedoux. L'inauguration avait eu lieu en Mai mais la vraie folie prenait place maintenant, en Juillet, avec un accès gratuit pour les piétons qui, débarrassés des difficultés de la traversée, faisaient leurs trois kilomètres et passaient leur journée sur la plage... On venait de loin pour se la payer ,cette journée, mais c'étaient surtout les jeunes rochelais qui s'en donnaient. Sixtine et David en étaient à leur quatrième excursion.

Colin accueillit la proposition avec une joie inattendue. Moi j'appréhendais.

Je ne lui avais pas encore parlé de Jocko; mais vous imaginez la clairvoyance d'un tel frère...

Nous partîmes donc le lendemain matin, par l'une de ces journées rêvées et idéales, avec des cieux pommelés de blanc qui ne savaient plus où déverser leur soleil, et une chaleur déjà dense et bienfaisante.

On en avait pour une bonne heure et demie de route bouillante, et de musique.

Car c'était aussi l'été de la tournée 101, les bongs imaginaires nous envoyaient leurs rythmes par brassées. Et Colin le fan germanique avait repiqué sur cassette plusieurs versions de sa préférée; Behind the Wheel, qui nous fit traverser le pont sur un miroir d'eau aveuglante...

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