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Publié le 20 Juillet 2009

Le grenier de Haut-Lieu, notre maison de famille est un drôle d'endroit où se sont concentrés tous les rêves de ses propriétaires successifs. Les deux portraits de Clément Ader encadrés par mon grand-père y figurent toujours et papa en a presque fait une pièce de vie, c'est-à-dire avec un bar dans le fond.

En sirotant son whisky, l'invité (mâle) qui est bien avec le maître des lieux (sinon on ne l'aurait pas fait monter) peut admirer de nombreuses photographies spatiales pour beaucoup issues du National Geographic, notamment sous un verre vénérable et plusieurs fois renouvelé de grandes faces cachées de la lune, datant de Juillet 1969...

En effet, le satellite courtisan de la Terre ne montre jamais que son visage, même si celui-ci est tout couturé de cicatrices. La lune, vieille vassale bosselée? C'est une image de l'écrivain-ingénieur-journaliste Norman Mailer.
Début Juillet, alors que Lew quitte précipitamment Lille pour Londres, Charlotte qui flâne chez Mollat tombe sur la réédition 2009 de Bivouac sur la lune.

Elle l'achète, elle m'appelle: "Tu vas être fier de moi..." Je suis plutôt content il est vrai, car des ouvrages littéraires qui ne sont pas des purs récits de SF et qui traitent de cette incroyable expédition ,ou même de la conquête spatiale américaine, il n'y en a pas beaucoup par rapport à l'ampleur de l'événement.
On trouvera L'étoffe des héros de Tom Wolfe, un autre créateur du "Nouveau journalisme", aux côtés de Norman Mailer .
Tom Wolfe, vous le savez sans doute, c'est l'auteur du Bûcher des Vanités et d'Acid Test...

Deux enfants de la beat generation... L'étoffe des héros sera cependant adapté en film, difficile pour Bivouac, trop décousu, trop...monstrueux. Enorme, tourmenté, plein d'accumulations convulsives comme la face visible de notre lune.
C'est ce qui en fait un livre difficile car malgré tout Mailer, diplômé en ingénierie aéronautique de Harvard est par moments extrêmement technique, pointu, presque indigeste .

On attend le récit épique d'un voyage aux grandes découvertes, on voit émerger un moi tourmenté aux prises avec l'écriture de cette expédition et surtout avec sa propre vie. Quand on demande à Verseau (double ficitif de Mailer) de couvrir l'odyssée d'Armstrong, Aldrin et Collins; il vient de subir un échec électoral, il est en instance de (son quatrième) divorce.
On sent qu'il voudrait une aventure charnelle avec le cosmos, des figures de nouveaux chevaliers ou conquistadors, des discours galvanisants.

Et il est déçu, tout comme les journalistes du monde entier rassemblés de ne voir "que" des athlètes policés , presque ennuyeux, s'exprimant dans un langage numérique truffé de sigles; le "computérois". Jamais de métaphore, messieurs dames, jamais d'hyperbole, le strict factuel et si l'on peut l'anticipation optimale des événements. Pas même de vraie inquiétude clairement exprimée.

A un journaliste de la BBC qui lui demande "Quels seront vos plans [...] dans le cas extrêmement improbable où le module lunaire ne décollerait pas de la surface de la lune?" Armstrong finit par répondre : "Ma foi, c'est une perspective bien déplaisante à envisager."
Et c'est tout???? semblent se rebiffer Verseau et les autres...
Mais ils ne sont pas encore dans le secret et souhaitent bien trop de gravité là où i
l faudrait seulement s'accoutumer à l'apesanteur.

Tag(s) : #RetroLeW

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